Considérer les obligations d’entreprise dans un contexte de volatilité des marchésAug 9, 2018

En 2018, la hausse de l’inflation, le relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis et l’escalade des tensions commerciales ont soulevé des inquiétudes quant à la croissance économique mondiale et aux épisodes de volatilité sur les marchés boursiers. Toutefois, selon Ed Perks, directeur d’investissement de Franklin Templeton Multi-Asset Solutions, les obligations d’entreprise ont apporté quelque consolation aux investisseurs obligataires. Ed Perks fait part de ses perspectives concernant l’économie mondiale et explique pourquoi il considère que certaines obligations à haut rendement restent intéressantes.

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À l’approche du deuxième semestre de 2018, la hausse de l’inflation et le relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis―sur fond d’escalade des tensions commerciales mondiales et de hausse des droits de douane―commencent à poser des difficultés pour de nombreuses économies développées et émergentes. Par conséquent, de nombreux investisseurs pourraient être intéressés par nos perspectives de croissance mondiale et leur influence sur nos décisions d’investissement.

Malgré ces difficultés et la faiblesse d’un certain nombre d’indicateurs de confiance, nous pensons que l’équilibre entre actualités et données économiques reste encourageant. La croissance économique mondiale devrait rester positive en raison d’une économie américaine qui semble relativement favorable.

Perspectives estivales de l’inflation et des taux d’intérêt américains

Pour le moment, nous ne considérons pas l’inflation comme un facteur significatif aux États-Unis. L’inflation actuelle est le signe d’un retour à la normale après la crise financière mondiale.

Nous pensons que l’inflation devrait poursuivre sa hausse, mais celle-ci pourrait être très progressive. Les principaux facteurs ayant contenu l’inflation (la mondialisation et l’innovation technologique) sont toujours présents et devraient, selon nous, conserver leur influence restrictive.

Aux États-Unis, la vigueur du marché du travail se poursuit tout en générant des hausses du coût de la main-d’œuvre tout à fait gérables, le nombre de postes à pourvoir étant supérieur au nombre de demandeurs d’emploi. Nous pensons que la hausse des coûts, en particulier des salaires, ne devrait peser que légèrement sur les marges bénéficiaires.

En outre, les bénéfices des entreprises américaines, soutenus par les dépenses des entreprises et le redressement de l’activité manufacturière, devraient être solides et en mesure de favoriser d’autres relèvements des taux d’intérêt.

Les conflits commerciaux vont-ils affecter la croissance mondiale ?

Il est important de reconnaître que les craintes de protectionnisme n’ont rien de nouveau et ont troublé de nombreuses régions du monde au cours de l’expansion économique actuelle. À ce stade, le risque d’une guerre commerciale de représailles à grande échelle semble partiellement contenu, les dirigeants internationaux s’efforçant toujours de trouver des solutions productives, mais l’escalade d’un conflit qui s’est matérialisé au printemps et au début de l’été reste possible. Dans l’ensemble, l’activité commerciale mondiale ne devrait pas s’en trouver paralysée, ni l’économie mondiale sombrer dans une récession à court terme.

Nous maintenons cette opinion même si la courbe des taux américains, représentant la différence entre les taux d’intérêt sur les obligations d’État américaines à court terme et à long terme, est restée stable, alors que les taux d’intérêt à plus court terme ont augmenté plus rapidement que les taux à long terme. Bien qu’il soit parfaitement normal, selon nous, que les rendements augmentent en même temps que les actions, ce paramètre est étroitement surveillé en raison de sa valeur prévisionnelle apparente—chaque récession au cours des 60 dernières années a été précédée d’une inversion de la courbe des taux ou de sa chute en dessous de zéro.

Tel que le montre le graphique ci-dessous, l’écart entre les bons du Trésor à deux ans et à dix ans s’est réduit à environ 30 points de base en juin, et la courbe des taux s’est resserrée à un niveau inégalé depuis 2007.

Conséquences pour les investissements obligataires

En dépit de la hausse des taux d’intérêt américains, les obligations d’entreprise ont résisté. Bien que la volatilité des marchés actions soit remontée cette année, le crédit a enregistré des résultats satisfaisants, en particulier les obligations d’entreprise inférieures à investment grade (celles ayant reçu une note inférieure à « BBB » par l’agence de notation indépendante Standard & Poor’s).

Bien sûr, la durée du cycle économique―amorçant actuellement sa trentième année d’expansion rien qu’aux États-Unis―influe sur notre prise de décision. Si ce cycle économique prolongé devait commencer à montrer des signes typiques d’une fin de cycle, comme un ralentissement de la dynamique bénéficiaire ou des courbes de taux inversées, nous pourrions nous attendre à voir des changements correspondants dans le positionnement de notre portefeuille.

Dans l’univers obligataire, nous nous sommes davantage concentrés sur l’extrémité courte de la courbe des taux et avons généralement privilégié les obligations d’entreprise, car nous sommes toujours d’avis que le contexte fondamental demeure très favorable.
Le rendement des bons du Trésor américain à deux ans est passé de 1,89 % à 2,52 % au cours du premier semestre de 2018. Par ailleurs, l’écart entre les rendements générés par des obligations à haut rendement et ceux générés par la dette publique américaine s’est réduit cette année, bien que le spread entre la dette assortie d’une notation élevée et les bons du Trésor se soit élargi.

Au sein de certains de nos portefeuilles axés sur le rendement, tandis que nos estimations de pleine valorisation se sont avérées exactes pour certaines obligations et actions d’entreprise à haut rendement, nous avons établi des positions sur des bons du Trésor à duration courte dans un horizon de un à cinq ans, en raison de la récente hausse des rendements dans ces catégories. Nous pensons surtout que cela garantira une certaine flexibilité pendant des périodes de volatilité potentielle durant le deuxième semestre de 2018.

Nous avons observé de façon concrète la manière dont la rentabilité florissante des entreprises soutient certaines obligations d’entreprise au niveau fondamental, en dépit d’une politique plus agressive de la part de la Réserve fédérale des États-Unis et des enjeux politiques et géopolitiques. Bon nombre de ces titres sont étroitement axés sur la vigueur de l’économie américaine.
Les tensions sur le marché des obligations d’entreprise à haut rendement restent idiosyncratiques, non répandues, parmi les secteurs. De plus, selon notre analyse, les défauts de paiement de la dette de la catégorie spéculative suivent une tendance baissière tout en étant éclipsés par une tendance haussière des reclassements de la qualité du crédit effectués par des analystes du marché des obligations d’entreprise ; en outre, les perspectives des obligations à court terme, parmi les entreprises à haut rendement, sont généralement favorables.

Perspectives

Comme en 2017, nous privilégions, depuis le début de l’année, les échéances à court et moyen terme. En règle générale, les entreprises continuent d’être fortement axées sur les échéances à venir; ces échéances plus courtes peuvent donc s’avérer plus performantes même en période de volatilité.
Cela dit, nous continuons de guetter les signes d’un risque de défaut avant qu’il ne soit intégré par le marché des obligations d’entreprise. Ces signes avant-coureurs pourraient provenir d’une dégradation des fondamentaux, notamment le levier financier total de l’émetteur (ratio dette/flux de trésorerie) et la couverture d’intérêts, mesurée par les flux de trésorerie annuels générés par rapport aux charges d’intérêts annuelles.

Au même titre que les investisseurs dans les obligations d’entreprise et les emprunts bancaires, nous voulons être très précis quant aux types d’entreprises à qui nous octroyons un prêt ou dont nous rachetons la dette ; nous souhaitons également être très sélectifs quant à notre positionnement dans la structure de leur capital.

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Le prix des parts et le rendement des compartiments varieront en fonction de l’évolution des taux d’intérêt. Les cours des obligations évoluent généralement dans le sens opposé aux taux d’intérêt. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt augmentent, la valeur des obligations détenues au sein d’un portefeuille peut reculer, et la valeur des parts peut diminuer. La valeur d’une obligation peut varier en fonction de l’assise financière de son émetteur ou de sa notation de crédit. Le portefeuille d’un compartiment comprend une part importante d’obligations d’entreprise au rendement plus élevé et moins bien notées en raison des rendements relativement plus élevés qu’elles offrent. Les prêts à taux variable sont des instruments à plus fort rendement et de qualité plus faible, qui présentent un risque de défaut accru et peuvent donner lieu à une perte du principal. Ces instruments présentent un risque de crédit plus important que les titres investment grade. Les prix des actions fluctuent, parfois rapidement et de façon spectaculaire, en raison de facteurs affectant des entreprises individuelles, des industries ou des secteurs particuliers, ou des conditions générales du marché.

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