Les raisons pour lesquelles nous sommes positifs quant à la nomination de Christine Lagarde à la BCEJul 9, 2019

Christine Lagarde est peut-être apparue comme une candidate surprise à la tête de la Banque Centrale Européenne, mais David Zahn, notre Head of European Fixed Income, est positif quant à ce choix. Dans cet article, il explique pourquoi à la fois son expérience et son manque d’expérience pourraient s’avérer bénéfiques si elle obtient le poste. David Zahn est convaincu que la BCE devrait rester ferme sur sa trajectoire d’assouplissement.

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La nomination de Christine Lagarde au poste de Président de la Banque Centrale Européenne a surpris. Mais nous pensons que, si la nomination est ratifiée, elle devrait être appréciée sur les marchés.

Christine Lagarde, ancienne Ministre de l’Économie et des Finances et actuelle Directrice Générale du Fonds Monétaire International, est un bon profil et a, avant tout, une bonne compréhension de la politique de l’Union Européenne. Elle est excellente communicatrice et, en tant que politicienne chevronnée, a l’habitude de réunir des partis disparates.

En termes de politiques monétaires, on s’attendrait à ce que Christine Lagarde poursuive la direction donnée par le Président sortant Mario Draghi.

Comme Jerome Powell, président de la Réserve Fédérale américaine, Christine Lagarde n’est pas une économiste, et ainsi, si elle est confirmée, les dirigeants de deux des plus grandes banques centrales du monde auront peu d’expérience en politique monétaire. Nous ne voyons pas cela comme une préoccupation. En effet, sans les idées préconçues d’un économiste, Christine Lagarde peut apporter de nouvelles mesures d’assouplissement.

La BCE devrait maintenir sa tendance à l’assouplissement

Notre analyse suggère que, quel que soit le responsable, la BCE est susceptible de rester ferme sur sa trajectoire d’assouplissement. Le récent discours de Mario Draghi à Sintra, au Portugal, a révélé un basculement subtil mais important, quelques semaines seulement après la réunion de juin de la BCE sur la politique monétaire.

Après la réunion du Conseil des gouverneurs de début juin, la banque centrale a déclaré qu’elle réagirait si les données économiques se détérioraient. À Sintra, Mario Draghi a annoncé qu’il répondrait si les données ne s’amélioraient pas.

Les autorités admettent que l’indice d’inflation à 5 ans dans 5 ans – une mesure des attentes du marché en matière d’inflation – a diminué plus rapidement que les membres du conseil le voudraient.

L’indice a légèrement remonté depuis le discours de Mario Draghi mais reste à un niveau plus bas que lorsque la BCE s’est lancée dans l’assouplissement quantitatif (QE) en mars 2015.

Nous pensons que cela signifie qu’une réaction de la BCE est nécessaire. C’est une banque qui poursuit une cible d’inflation. Avec seulement 1,6 %, les propres prévisions de la Banque en matière d’inflation pour 2021 sont encore bien en deçà de la cible de 2 % qu’elle s’est fixée. Il faudra donc créer d’autres mesures accommodantes.

A notre avis, il existe un certain nombre de pistes que la BCE pourrait envisager :

Réduire davantage les taux d’intérêt : Nous ne nous attendrions qu’à une petite réduction, de sorte qu’il soit peu probable qu’elle fasse une différence. Mais cela prouverait le sérieux de la BCE.

Introduire des paliers (tiering) : Si la BCE réduit les taux d’intérêt, nous nous attendrions à ce qu’elle introduise également des paliers – réduisant efficacement les frais que les banques paient sur une partie de leurs liquidités excédentaires – pour aider le système bancaire. Toutefois, la mise en place d’un système de taux avec paliers indiquerait au marché que les taux resteront probablement bas pendant une longue période. Si les taux à court terme étaient réduits (avec l’espoir de les augmenter à nouveau dans six mois ou un an), la BCE ne se donnerait probablement pas la peine d’introduire des paliers.

Redémarrer le QE : Nous pensons que la banque va probablement relancer son programme d’achat d’actifs cette année ou l’année prochaine. Nous nous attendrions à ce qu’il se concentre sur l’achat d’actifs tant dans le secteur privé que dans le secteur public.

Et, bien sûr, si Christine Lagarde est confirmée dans ses fonctions de présidente de la BCE, elle pourrait apporter d’autres opérations d’assouplissement sur la table.

La recherche du rendement s’intensifie

Pour conclure, nous pensons que, quel que soit le successeur de Mario Draghi, les taux resteront probablement bas en Europe pendant longtemps. Cela intensifie la recherche de rendement, repoussant la courbe de rendement. On s’attendrait à ce que les courbes de rendement s’aplatissent considérablement partout en Europe.

Cela devrait également être très favorable aux obligations périphériques, car les rendements peuvent être ramenés à un niveau où ils peuvent être émis à des niveaux attractifs.

À l’heure actuelle, les obligations d’État italiennes figurent parmi les actifs les plus performants des obligations d’État en Europe.

Une politique monétaire européenne plus orientée vers l’assouplissement devrait également être favorable aux obligations d’entreprises de la région, qui sont à haut rendement et de bonne qualité. En outre, nous pensons qu’elle pourrait soutenir la croissance mondiale car la BCE crée plus de liquidité.

Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé des taux d’intérêt. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt augmentent, la valeur d’un portefeuille obligataire peut reculer. Les investissements dans des titres étrangers comportent des risques spécifiques, comme les fluctuations de change, l’instabilité économique et l’évolution de la situation politique.

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