Notre avis sur les causes de la volatilité récente des marchés actionsDec 31, 2019

Au cours des derniers mois, les investisseurs en actions ont été confrontés à un facteur oublié depuis un certain temps : la volatilité. Les successions de hauts et de bas peuvent avoir un effet déstabilisant, mais elles créent aussi des opportunités pour les investisseurs de long terme. Stephen Dover, notre responsable du marché actions, identifie les opportunités émergentes et détaille les causes des récentes turbulences boursières.

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Les marchés détestent l’incertitude ; or, l’incertitude sévit largement ces jours-ci. D’un Brexit tumultueux aux tensions commerciales sino-américaines en passant par les craintes de ralentissement de la croissance économique mondiale, les nerfs des investisseurs sont soumis à rude épreuve.

Plusieurs variables peuvent être à l’origine de la volatilité actuelle des marchés actions, mais nous pensons que sa cause première réside dans le dénouement de la décennie de stimulation économique des banques centrales mondiales.

Vers une normalisation des politiques monétaires

Dans le sillage de la crise financière mondiale de la fin des années 2000, les banques centrales du monde entier ont mis en place des mesures non conventionnelles pour stimuler leurs économies, et notamment l’achat massif d’actifs connu sous le nom d’assouplissement quantitatif (QE). L’objectif du QE consistait non seulement à stimuler l’économie, mais aussi à gonfler les actifs financiers — et particulièrement les actions et l’immobilier — pour créer un effet de richesse. Le but avoué de cette politique était d’engendrer chez les détenteurs d’actifs un sentiment de bonne santé financière et un comportement plus dépensier, en vue d’augmenter la demande de produits et services.

À côté d’instruments obligataires, de nombreuses banques centrales (incluant celles du Japon et de certains pays européens comme la Suisse) ont ainsi intégré des actions dans leur bilan, et obtenu pour la plupart les effets stimulants attendus. À un certain moment, ces actifs doivent toutefois être remis sur le marché, ce qui exerce alors une pression négative sur les cours.

La Réserve fédérale américaine (Fed) est la première grande banque centrale à amorcer sa sortie de la politique monétaire de crise du QE pour avancer vers une approche monétaire « normalisée » de hausse des taux d’intérêt à court terme. La Fed a ainsi commencé à alléger son bilan en 2017, laissant ses obligations atteindre leur échéance sans en réinvestir le produit.

Selon nous, le succès de cette normalisation des politiques monétaires est encore incertain et cette opération entraînera vraisemblablement une volatilité persistante des marchés dans un avenir prévisible. En contexte de taux d’intérêt élevés, de volatilité accrue et d’incertitude des marchés actions, les liquidités sont en train de devenir une option d’investissement viable.

Globalement, nous pensons que la revalorisation des actifs monétaires et financiers se poursuivra au fil de l’extinction des politiques monétaires non orthodoxe mises en place par de nombreuses banques centrales, mais à des rythmes et des stades différents selon les régions.

Vers une normalisation des politiques monétaires

Décorrélation des valeurs

Les taux d’intérêt faibles ont contribué à stimuler la croissance, mais ils ont aussi causé une décorrélation des valorisations — par exemple, les titres de croissance et de stabilité ont gagné en valeur, notamment par la prise en compte de bénéfices futurs actualisés (flux de trésorerie). Avec la hausse des taux, cette distorsion devrait s’inverser.

En effet, lorsque les taux augmentent, la valeur actualisée des bénéfices futurs diminue. Nous pensons que les actions de croissance valorisées en fonction de bénéfices futurs éloignés sont susceptibles de sous-performer, comme d’ailleurs les titres quasi-obligataires (ou « bond proxies »), ces valeurs généralement défensives qui offrent dividendes et croissance régulière.

À l’aube de cette nouvelle année, nous positionnons nos portefeuilles en vue d’un environnement de taux d’intérêt croissants. Globalement, nos gérants de portefeuille évitent les sociétés très endettées et se tournent vers les entreprises fortement génératrices de trésorerie. Historiquement, les actions se sont bien comportées dans un contexte d’augmentation des taux, à condition que les hausses soient prévisibles et assez graduelles pour permettre l’adaptation des entreprises.

Nous estimons que la probabilité d’une récession en 2019 est faible. Nous pensons que la croissance économique mondiale se maintiendra en 2019 — mais à un rythme plus lent qu’en 2018 — et attendons une politique de relance progressive avec la montée en charge des capacités de production.

Notre objectif n’est pas de prévoir l’arrivée d’une récession, mais nous constatons quand même que le cycle économique est avancé et qu’il amorce sa dixième année aux États-Unis. Selon l’adage populaire, « les marchés haussiers ne meurent pas de vieillesse », et nous avons tendance à penser que cette période d’expansion économique et d’euphorie des marchés actions américains n’est pas un problème en soi. La récession est un déclin de l’activité économique. Elle intervient lorsque le coût des capitaux augmente ou lors d’une hausse significative de l’inflation, déclenchant une augmentation des taux par les banques centrales.

Décorrélation des valeurs

La gestion de la dette

Nous pensons que les déficits budgétaires de nombreux pays, qui seront mis à rude épreuve et limiteront leurs capacités d’intervention économique, constituent un autre défi. Le monde est actuellement plus endetté que lors du dernier pic de marché de 2009. La dette mondiale a atteint en 2016 un record de 164 000 Mrds USD – soit plus de 200 % du produit intérieur brut (PIB) mondial – et poursuit sa hausse aux dernières nouvelles.[1]

Depuis 2012, les ratios dette/PIB se sont maintenus au-delà des 100 % dans les marchés développés, un niveau inégalé depuis la Seconde Guerre mondiale[2] et celui des marchés émergents atteignait 50 % en 2017, du jamais vu depuis la crise de la dette des années 1980.[3]

Ces chiffres doublent pratiquement si on tient compte des engagements liés aux retraites et aux dépenses de santé.

D’énormes volumes de dettes devront être refinancés ces prochaines années ; la hausse des taux d’intérêt augmentera aussi le coût des emprunts pour les entreprises et les consommateurs.

Les raisons du faible risque de récession en 2019

Même si elles restent inférieures aux niveaux de 2018, les projections de croissance du FMI et d’autres sources n’en restent pas moins positives ; tel que mentionné ci-dessus, nous ne prévoyons pas de récession mondiale en 2019. Les hausses de taux et l’assainissement des bilans des banques centrales ont pour avantage de fournir à ces dernières des leviers d’intervention supplémentaires en cas de future récession.

Nous ne sommes toutefois pas certains de la capacité et de la volonté des institutions monétaires et financières mondiales de réagir à une crise éventuelle. Le populisme qui se répand actuellement sur toute la planète a pour effet d’affaiblir les institutions. Or, les formations populistes ont un pouvoir d’influence croissant sur les agendas politiques européens et ceux des pays voisins, et des élections nationales européennes sont programmées dans sept pays membres en 2019.

Cela dit, il est parfaitement possible d’équilibrer les styles de gestion entre croissance et valeur pour les adapter aux scénarios futurs les plus probables. Les perspectives de croissance des bénéfices des entreprises semblent positives, de même que les projections de croissance de l’économie mondiale pour 2019.[4] Nous pensons que nos gestionnaires de portefeuille ont ajusté leur niveau de risque de manière à tirer profit de l’environnement actuel tout en intégrant l’éventualité de chocs imprévus.

Les prix des actions sont devenus plus raisonnables depuis la récente correction de marché. Nous pensons qu’en période de volatilité et d’incertitude, la gestion active peut vraiment se démarquer.

Les raisons du faible risque de récession en 2019

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Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les cours des actions sont soumis à des fluctuations, parfois rapides et importantes, en raison de facteurs affectant les entreprises individuelles et certains secteurs ou sous-secteurs, ou du fait des conditions générales de marché. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé aux taux d’intérêt. Autrement dit, à mesure que les actions s’ajustent à la hausse des taux d’intérêt, leur cours est susceptible de baisser. Les investissements dans des titres étrangers comportent des risques spécifiques liés notamment aux fluctuations des taux de change, à l’instabilité économique et à l’évolution de la situation politique. Ces risques sont supérieurs concernant les investissements sur les marchés émergents, auxquels s’ajoutent les risques liés à la plus petite taille de ces marchés, à leur liquidité inférieure et à l’absence de cadre juridique, politique, commercial et social pour soutenir les marchés boursiers. De tels investissements peuvent connaître une volatilité importante des prix pendant une année donnée.

[1] Sources : Bloomberg, Fonds monétaire international.

[2] Source : Fonds monétaire international. Pays des marchés développés et émergents tels que définis par le FMI.

[3] Ibid.

[4] Rien ne garantit que les estimations, prévisions ou projections se réalisent.