Perspectives sur les points de rupturesJul 27, 2018

En voyageant à travers le monde pour étudier les entreprises, nos analystes et chercheurs ont beaucoup entendu parler de « disruption », à savoir la capacité de nouvelles entreprises, souvent technologiques, à rompre le statu quo. Notre expérience et nos connaissances nous laissent toutefois penser que les ruptures dépassent largement le seul domaine de la technologie. Stephen Dover, responsable du marché actions au sein de Franklin Templeton Investments, donne trois exemples de ruptures en dehors du secteur technologique.

Au cours des dernières années, nous avons vu un certain nombre d’évolutions indiquant que les investisseurs devraient revoir ce qu’ils tenaient pour acquis.

D’innombrables rapports se sont penchés sur la façon dont les nouvelles technologies, par exemple les voitures autonomes, bouleverseront des industries mondiales. Pourtant, certaines ruptures sans lien avec la technologie font l’objet de nettement moins d’attention.

Nous présentons trois formes de rupture auxquelles les investisseurs devraient réfléchir lorsqu’il est question des marchés, de l’économie et de la politique.

Rupture #1 : L’évolution de la consommation mondiale

L’Asie bouleverse et rompt la domination des États-Unis à l’égard des modèles de consommation mondiaux. Ces dernières années, nombre de pays asiatiques, en particulier des pays densément peuplés tels que la Chine, l’Inde et l’Indonésie, ont vu leur consommation intérieure augmenter fortement. Comme le montre le graphique ci-dessous, la consommation progresse plus rapidement dans ces pays qu’aux États-Unis, et équilibre la consommation mondiale par rapport à ce que nous avons connu dans le passé.

Rupture #2 : Inflation des actifs financiers

Depuis la crise financière mondiale de 2008, les grandes banques centrales de la planète ont injecté dans l’économie mondiale des sommes importantes à titre de relance monétaire. Ceux d’entre nous qui ont étudié l’économie pensaient que cela mènerait à une inflation massive partout dans le monde.

Si cela ne s’est pas encore produit, nous commençons à voir des signes de hausse de l’inflation sur un certain nombre de marchés. L’une des raisons pourrait en être la formidable croissance de la population mondiale, qui maintient les coûts de la main-d’œuvre à un faible niveau.

Cela dit, nous avons observé qu’un autre type d’inflation, non pris en compte dans les indices traditionnels des prix à la consommation, découlait du programme mondial de relance. Nous parlons de l’inflation des prix des actifs, étant donné que l’argent de la relance provenant des banques centrales a en grande partie alimenté les marchés actions, les marchés immobiliers et d’autres actifs.

Cela a eu pour conséquence première de créer un effet de richesse. Les personnes qui ont conservé leurs actifs après la crise financière mondiale se portent extrêmement bien. Aux États-Unis, par exemple, la richesse nette moyenne des ménages a pratiquement doublé de 2008 à 2017, passant respectivement de 105 000 dollars à 199 000 dollars, comme le montre le graphique ci-dessous.

Rupture #3 : Populisme

Nous avons assisté ces dernières années à une montée des mouvements populistes aux États-Unis et en Europe.

Cette évolution reflète selon nous la progression de l’individualisme sur fond de défiance généralisée dans les sociétés civiles existantes. De nombreuses personnes ont le sentiment d’avoir été mises de côté et commencent à remettre en question les autorités. L’évolution démographique peut en être l’une des causes.

Aux États-Unis, par exemple, la génération des seniors, en proie au mécontentement, semble avoir été l’un des principaux réservoirs de voix pour Donald Trump. Ses partisans comptaient de nombreuses personnes qui estimaient qu’elles vivaient moins bien que par le passé.

Le scénario est identique en Europe, où le succès électoral des partis populistes a contribué à accroître l’incertitude et la volatilité.

Nous pensons que l’inertie économique, associée à des niveaux de défiance croissants en Europe et aux États-Unis, a accéléré la montée du populisme.

Dans le passé, les États-Unis ont profité, sur des périodes de 10 ans, d’un taux de croissance moyen de 3 % de leur produit intérieur brut (PIB).

Comme en témoigne le graphique ci-dessous, les États-Unis n’ont pas connu un tel niveau de croissance de leur PIB au cours des 10 dernières années.

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