Trois évolutions en Europe que vous n’avez peut-être pas vues cet été et une que vous ne pouviez pas raterSep 11, 2018

Vacances obligent, les mois de juillet et d’août sont traditionnellement un peu plus calmes pour les marchés européens. Mais tout ne s’arrête pas complètement pour autant. Au moment de se remettre en selle, David Zahn, responsable des Taux en Europe chez Franklin Templeton, examine plusieurs évolutions cet été en Europe qui auraient pu passer inaperçues.

This post is also available in: Anglais Chinois simplifié Italien Allemand Polonais

« La fuite vers les titres de qualité » pousse les principaux rendements obligataires européens à des niveaux irréalistes

Pendant quelques jours à la mi-août traditionnellement calme, la Turquie a fait les gros titres et les inquiétudes entourant l’éventualité d’une crise ont créé une certaine volatilité des actifs des marchés émergents.

Nous avons eu le sentiment que les retombées économiques étaient largement confinées à la Turquie et nous estimons que l’effet d’entraînement sur les marchés financiers et les économies de l’Union européenne est très faible.

Une ou deux banques européennes individuelles étaient un peu exposées à la livre turque, mais elles étaient généralement sensées avoir largement assez de capital pour gérer n’importe quel problème. Par conséquent, le risque de contagion au secteur financier européen nous semble négligeable.

Les investisseurs adoptent une approche marquée par une aversion pour le risque

Néanmoins, avec tout le bruit autour de la situation en Turquie, certains investisseurs ont pris peur et préféré se réfugier dans des titres de qualité.

Leur aversion pour le risque a fait baisser les rendements des principales obligations européennes ces derniers mois. Les obligations fédérales allemandes à 10 ans ont notamment chuté de 0,30 % à la mi-août.

Des rendements d’obligations fédérales allemandes particulièrement bas nous semblent insensés si vous tenez compte du contexte macroéconomique dans la zone euro : l’inflation sous-jacente est toujours proche de 1 % avec une inflation officielle aux alentours de 2 %.

Le programme d’achat d’actifs de la Banque centrale européenne (BCE) semble sur le point de se terminer à la fin de l’année, ce qui devrait selon nous être de bonne augure pour les rendements obligataires européens. Néanmoins, nous nous attendons encore à ce que le rendement des obligations fédérales allemandes à 10 ans soit environ d’au moins 0,70 % à 0,80 %, ce qui reflèterait toujours une prime de risque intégrée.

Normalisation discrète de la Banque du Japon

L’un des développements potentiellement les plus intéressants pour les marchés obligataires européens cet été s’est produit loin de l’Europe : au Japon.

Tandis que la BCE devrait commencer à arrêter son programme d’assouplissement quantitatif (QE) à la fin de cette année, la Banque du Japon (BOJ) restera probablement la dernière grande banque centrale toujours engagée dans des achats d’actifs.

Néanmoins, doucement et sans bruit, même la BOJ a réduit ses achats au fil du temps par une manœuvre de « stealth tapering » ou normalisation discrète.

Chute des achats d’actifs de la BOJ

La BOJ détient une si grande part du marché obligataire qu’elle n’a vraiment pas besoin de continuer à acheter autant que par le passé, mais toujours est-il que la quantité d’achats supplémentaires dans le cadre du QE a chuté.

À sa réunion de politique monétaire fin juillet, la BOJ a annoncé un petit changement dans son approche. Elle a élargi sa tolérance à 0,20 % au-dessus ou en dessous de son objectif à 0 % pour des fluctuations du rendement sur les obligations de l’État japonais à 10 ans. Auparavant, la banque centrale serait intervenue dès 0,10 % au-dessus ou en dessous de la valeur ciblée.

La plus grande marge de tolérance avant son intervention implique une plus grande volatilité, dont les marchés obligataires étaient privés depuis quelque temps, et par conséquent une plus grande normalisation.

Alors que les courbes de rendement ont globalement eu tendance à s’aplanir l’année passée compte tenu de l’approche coordonnée de la banque centrale, nous anticipons une progression et pensons que les courbes de rendement pourraient potentiellement commencer à se redresser.

Absence de leadership en Europe alors que l’Italie prépare un budget potentiellement attrayant pour l’UE

Il nous est apparu évident au cours de l’été qu’il y a une absence de leadership à la tête de l’Europe.

Ni le président français Emmanuel Macron ni la chancelière allemande Angela Merkel ne semblent actuellement suffisamment forts pour prendre seul(e) la tête de l’Europe. Ils devront donc travailler ensemble.

Emmanuel Macron n’a pas été en mesure de construire la base de pouvoir qu’il espérait. Ses chiffres dans les sondages d’opinion en France sont décevants et il n’a pas su imposer sur le plan national tous les changements qu’il avait annoncés.

Angela Merkel a également dû faire face à des difficultés dans sa coalition gouvernementale en Allemagne, dont elle n’est pas sortie indemne sur le plan politique.

Le gouvernement populiste italien esquisse des plans de dépense

Au même moment, le gouvernement de coalition populiste récemment formé en Italie met potentiellement à mal le statu quo de l’Union européenne (UE).

Il se prépare en effet à dévoiler son budget pour l’année prochaine en septembre ou en octobre. Il a déjà indiqué son intention d’accuser des déficits pour stimuler la croissance économique, en allant à l’encontre de la directive européenne.

La question est de savoir si l’Italie proposera un budget très populiste semblant dépenser beaucoup d’argent et nécessitant un déficit budgétaire.

Nous pensons que le gouvernement italien fera preuve de prudence. Il a vu ce qui s’est passé dans des pays tels que la Turquie quand les marchés financiers prennent peur. De notre point de vue, les dirigeants italiens se rappelleront sans doute de la volatilité qui a accueilli le succès électoral des deux partis populistes dans leur pays.

Nous nous attendons à un budget italien suggérant un accroissement du déficit budgétaire au-delà des souhaits de l’UE, mais toujours dans les limites de ce qu’il peut parfaitement financer.

Brexit : « No Deal » semble de plus en plus probable, mais représenterait un échec pour les deux parties

Qu’est-ce qui se passe avec le Brexit ? Malheureusement pas grand-chose.

Sur la base de l’état actuel des négociations, nous pensons que le Royaume-Uni se rapproche d’une sortie de l’UE sans le moindre accord. Mais concrètement, nous pensons que l’absence d’accord deviendra de plus en plus problématique pour d’autres États membres de l’UE lorsqu’ils comprendront les conséquences négatives potentielles pour eux-mêmes et pas seulement pour le Royaume-Uni.

Nous pensons également qu’un scénario « no deal » sera considéré comme un échec du négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier. Son objectif était de ne pas dépouiller le Royaume-Uni, mais d’obtenir un accord acceptable pour tout le monde.

Si tout ce que fait Barnier, c’est punir le Royaume-Uni, nous estimons que les négociations auront échoué. Si tel était le plan, l’UE aurait pu tout bonnement se passer de négociations.

Dans les semaines à venir, nous pensons que Barnier et son équipe de négociateurs européens subiront de plus grandes pressions pour arriver à un accord viable.

Nous attendons beaucoup des manœuvres politiques de dernière minute, pas seulement entre les parties aux négociations en Europe, mais au sein des partis politiques au Royaume-Uni. Nous nous dirigeons vers une saison de conférences du parti qui pourrait décider de la future direction de la politique et du leadership des principaux partis politiques au Royaume-Uni.

Il y a beaucoup d’éléments mobiles alors même que la situation requerrait un maximum de stabilité.

Recevez directement toutes les perspectives de Franklin Templeton Investments. Abonnez-vous au blog Beyond Bulls & Bears.

Pour recevoir des informations abrégées sur l’investissement, suivez-nous Twitter @FTI_Global et sur LinkedIn.

Les commentaires, opinions et analyses du présent document sont communiqués à titre d’information uniquement ; ils ne sauraient être considérés comme un conseil d’investissement individuel ou comme une recommandation d’investir dans un quelconque titre ou d’adopter une quelconque stratégie d’investissement. Les conditions économiques et de marché étant susceptibles d’évoluer rapidement, les commentaires, opinions et analyses sont valables à leur date de publication et peuvent changer sans préavis. Les présentes ne constituent pas une analyse exhaustive de tous les aspects importants d’un pays, d’une région, d’un marché, d’un secteur, d’un investissement ou d’une stratégie.

Les données de tierces parties peuvent avoir été utilisées dans la préparation de ce document, et Franklin Templeton Investments (« FTI ») n’a pas vérifié, validé, ni audité de manière indépendante ces données. FTI décline toute responsabilité en cas de perte due à l’utilisation de ces informations, et la pertinence des commentaires, des opinions et des analyses contenus dans ce document est laissée à la seule appréciation de l’utilisateur. Les produits, services et informations peuvent ne pas être disponibles dans toutes les juridictions et sont fournis par les sociétés affiliées de FTI et/ou leurs distributeurs, dans la mesure où la réglementation/législation locale l’autorise. Veuillez consulter votre conseiller financier pour toute information supplémentaire sur la disponibilité des produits et services dans votre juridiction.

CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées de CFA Institute.

Quels sont les risques ?

Tout investissement comporte un risque, notamment celui de ne pas récupérer le capital investi. La valeur des investissements peut fluctuer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer la totalité de leur mise initiale. Les prix des obligations évoluent généralement dans le sens opposé des taux d’intérêt. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt augmentent, la valeur d’un portefeuille obligataire peut reculer. Les investissements dans des titres étrangers comportent des risques spécifiques liés notamment aux fluctuations des taux de change, à l’instabilité économique et à l’évolution de la situation politique. L’incertitude politique actuelle autour de l’Union européenne (UE) et l’instabilité financière de certains pays de l’UE peut accroître la volatilité boursière et le risque économique d’investir dans des sociétés en Europe.

__________________________________________________