Rencontre avec le gérant : Andrew NessJan 30, 2019

Andrew Ness investit sur les marchés émergents depuis 25 ans. Ancien joueur de rugby, il est aujourd’hui gérant de portefeuille chez Franklin Templeton Emerging Markets Equity. Prenez connaissance de son approche et de la valeur qu’il attribue à la gestion active de l’investissement.

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Qu’est-ce qui vous a d’abord attiré vers la gestion d’actifs ?

J’étais un étudiant passionné d’économie et j’ai même envisagé de rester à l’université pour poursuivre mes recherches dans ce domaine. Cependant, en envisageant différents parcours professionnels, je me suis rendu compte que j’appréciais davantage l’étude des individus et des entreprises. En somme, j’étais plus intéressé par les motivations et les comportements humains – les personnes réelles évoluant dans le monde réel – que par les hypothèses classiques sur la perfection des marchés et les comportements rationnels dénués d’externalités. Le monde de l’investissement me permet d’étudier la société et les comportements individuels dans leur réalité, avec toutes les imperfections et les opportunités que cela comporte.

La raison d’être de la gestion d’actifs m’a aussi attiré. Pour moi, c’est quelque chose que l’industrie a perdu au fil des ans. Je pense que la gestion active est porteuse d’un sens et d’une valeur sociale que notre industrie doit mettre en avant pour assurer sa pertinence future. L’idée est pour moi d’assurer une allocation efficace du capital favorisant la croissance économique, une gérance responsable, une responsabilité fiduciaire sans faille et un engagement actif dans la gestion des sociétés afin d’optimiser les résultats pour toutes les parties prenantes.

Parlez-nous de votre début de carrière.

J’ai débuté en 1994, à une époque de grands changements politiques et sociétaux où relativement peu d’investisseurs s’intéressaient aux marchés émergents. On m’a confié beaucoup de responsabilités et accordé une grande autonomie relativement tôt. Je couvrais ainsi tous les marchés émergents européens, incluant les trois d’Europe centrale (CE3) ainsi que la Russie, la Turquie, l’Afrique du Sud et la Grèce.

J’ai fait mon premier voyage de recherche à titre de gérant de portefeuille à Moscou, que j’ai eu la chance de revoir depuis. J’ai été impressionné par le développement massif qui était intervenu depuis ma visite précédente. Moscou a depuis radicalement changé.

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Andrew Ness à Moscou

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail ?

Le plus agréable est certainement d’avoir pu rencontrer des milliers de personnes du monde entier tout au long de ma carrière. Qu’il s’agisse de réunions avec mes collègues d’autres pays ou d’entretiens avec des leaders politiques, des décideurs, des chefs de file des secteurs ou de simples citoyens, ces interactions m’ont toujours rappelé que ce qui nous rapproche en tant qu’êtres humains surpasse de loin ce qui nous éloigne. C’est quelque chose qui ne transparaît pas toujours dans les gros titres des journaux.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus actuellement en tant qu’investisseur spécialisé dans les marchés émergents ?

Les arguments en faveur de l’investissement sur les marchés émergents ont longtemps été les mêmes : populations actives en croissance, urbanisation continue et montée d’une classe moyenne de consommateurs. Mais ce qui est le plus marquant à l’heure actuelle est que ces tendances se sont amplifiées sous l’impulsion des technologies. La numérisation et la croissance des plateformes numériques ont contribué à la création de nouveaux biens et services pour les consommateurs tout en faisant émerger des opportunités de croissance pour de nombreuses entreprises présentes sur ces marchés, et aussi pour les investisseurs.

Par exemple, la plus grande partie des infrastructures matérielles de ce nouveau monde numérique est produite sur les marchés émergents, où on trouve aussi certaines entreprises de rupture les plus réactives et innovantes. Aujourd’hui, plus de 90 % des populations jeunes du monde (moins de 30 ans) vivent dans les pays émergents. [1]Nous pensons donc qu’il existe d’énormes opportunités pour les entreprises qui peuvent capter et desservir ce marché cible.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Je suis passionné de voyages et de bons repas. De ce point de vue, je ne pourrais pas avoir choisi meilleure activité. Mon père travaillait dans l’industrie pétrolière, ce qui m’a permis de beaucoup voyager dans ma jeunesse.  Fort de ces expériences, j’ai ensuite fait beaucoup de déplacements dans le cadre de ma propre carrière.

Que considérez-vous comme votre plus grand défi professionnel ?

Récemment, le principal défi a été de rester pertinent comme investisseur actif face à la tendance actuelle à la « passivation » du métier, c’est-à-dire au fait que les stratégies d’investissement passives gagnent en popularité.

Pouvez-vous nous faire partager quelques réalisations et centres d’intérêts personnels ? 

Ma grand-mère était chef cuisinière et pâtissière, si bien que j’ai toujours été entouré de passionnés de gastronomie. J’adore cuisiner, particulièrement avec ma fille Daisy qui semble avoir hérité des talents de pâtissière de son arrière-grand-mère.

Mon autre passion dans la vie, c’est le sport. J’ai été joueur de rugby semi-professionnel et capitaine de l’équipe d’Écosse à tous les niveaux des ligues junior. Malheureusement, j’ai dû m’arrêter assez tôt pour me concentrer sur ma carrière d’investisseur, mais c’était probablement pour le mieux vu les nombreuses blessures que je me suis infligées à l’époque !

Aujourd’hui, je passe une bonne partie de mon temps à accompagner mes deux enfants d’un match à l’autre. Mon autre passion sportive est le golf, que je pratique un peu trop intensivement selon ma femme.

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Andrew jouant dans l’équipe junior Scotland U21

En quoi vos expériences personnelles influencent-elles votre carrière ?

L’atmosphère de collaboration que j’ai connue dans les équipes de rugby est très semblable à celle que je vis aujourd’hui en tant que gérant de portefeuille. J’apprécie beaucoup les relations de collaboration. Franklin Templeton Emerging Markets Equity organise des réunions de recherche à l’extérieur des locaux, où toute l’équipe se retrouve pour discuter et trouver de nouvelles idées. C’est le genre de pratique qui me fait apprécier l’envergure de notre plateforme.

Quel est votre meilleur souvenir de vos années à l’Université de Strathclyde ?

Mon université était une des écoles de commerce les mieux cotées du Royaume-Uni. J’ai pu étudier une grande diversité de sujets pendant les deux premières années d’études préparatoires à ma spécialisation en économie. Outre cette appréciation purement académique, je dois dire que Glasgow était une ville fantastique pour un jeune dans les années 1990. L’Union européenne l’a désignée Capitale européenne de la culture en 1990, ce qui a donné lieu à plusieurs événements culturels d’envergure européenne. Pour l’étudiant que j’étais, ça a aussi eu l’avantage d’étendre les heures d’ouverture jusqu’à 1 h pour les bars et jusqu’à 5 h pour les boîtes de nuit.

Avez-vous reçu certains conseils au cours de votre carrière qui vous sont toujours utiles aujourd’hui ?

Mon premier chef a été David Briggs, un gérant de fonds d’investissement très estimé. Son approche s’apparentait à celle du regretté Sir John Templeton. Investisseur patient orienté sur le long terme et la valeur, il me martelait l’importance des cash-flows et d’un rendement durable du capital. Ces paramètres restent au cœur de mon approche de l’investissement.

Autre conseil précieux : l’importance, parfois, de ne rien faire. Trop de gérants multiplient les transactions uniquement pour justifier leur statut de gérant actif. S’abstenir d’intervenir est une décision active et consciente : une manière d’intensifier la réflexion pour concentrer l’action.

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[1] Euromonitor International, 2014.