CONTRIBUTEURS

Marcus Weyerer, CFA
Director of ETF Investment Strategy EMEA
Franklin Templeton ETFs
Avec la baisse généralisée des marchés d’actions en 2022, bien souvent à deux chiffres, les stratégies exclusivement passives ont connu une période difficile. À l’inverse, les stratégies pondérées, dites de « smart beta », ont récemment retrouvé la faveur des investisseurs. Une approche smart beta intègre les actions d’un indice sur la base de critères autres que la capitalisation boursière. L’une des approches les plus simples consiste à donner une pondération égale à tous les titres plutôt que de les pondérer selon leur capitalisation boursière. D’autres adoptent une approche quantitative qui analyse, sélectionne, pondère et rééquilibre systématiquement les positions du portefeuille sur la base de certaines caractéristiques, appelées « facteurs ». Certaines se focalisent sur un seul facteur tandis que d’autres combinent différents facteurs au sein d’un même indice.
Nos recherches indiquent que quatre facteurs en particulier – qualité, valeur, faible volatilité et momentum – permettent de surpasser le portefeuille du marché sur une base ajustée au risque. Il est difficile de choisir le bon moment pour appliquer chacun des facteurs, c’est pourquoi nous nous efforçons de les combiner en une seule stratégie.
Une approche fondamentale au parti-pris défensif
La qualité est le facteur le plus important, avec les meilleurs rendements à long terme ajustés au risque, et reçoit une pondération de 50 %. Elle est selon nous conçue pour imiter une analyse complète des trois états financiers d’une entreprise : le bilan (BL), le compte de résultat (CR) et l’état des flux de trésorerie (FT). Les critères suivants sont pris en compte :
Rendement des capitaux propres (CR, BL)
Variabilité des résultats (CR)
Rendement des actifs en trésorerie (FT, BL)
Levier financier (BL).
De cette manière, ce facteur établit un point de référence pour la qualité des bénéfices d'une entreprise et sa capacité à générer des liquidités et à assurer le service de sa dette. Les entreprises de qualité tendent à se montrer moins volatiles à long terme.
La valeur (« value »), pondérée à 30 %, applique une combinaison de ratios bénéfices/cours historiques et prospectifs car nous pensons que cette approche permet un calibrage plus nuancé des perspectives d’une entreprise du point de vue de la valorisation. Nous utilisons également un autre indicateur, le rendement de dividende, qui est parfois considéré comme un facteur à part entière.
Le momentum et la faible volatilité jouent elles aussi un rôle important, quoique plus modeste, dans notre approche. Chacune se voit attribuer une pondération de 10 %. Le facteur momentum peut contribuer à identifier les tendances d’investissement et à éviter les pièges de valeur, tandis que la faible volatilité peut contribuer à protéger contre les baisses du marché.
Quelle est sa pertinence dans le contexte macroéconomique actuel ?
La capacité d’une entreprise à continuer de gérer sa dette va gagner en importance avec la montée des taux et la persistance de taux élevés. Un levier financier faible ou modéré peut non seulement offrir une protection contre le scénario le plus défavorable (défaut de paiement), mais aussi éviter à l’entreprise des paiements d’intérêts trop élevés pesant sur sa rentabilité. On pourrait également avancer que les entreprises de qualité plus rentables peuvent être plus à même de répercuter les augmentations de prix, ce qui leur offre une protection contre l’inflation.
Avec les craintes de récession, la solidité du bilan d’une entreprise sera bien plus importante à l’avenir qu’elle ne l’a été durant le redressement généralisé alimenté par la liquidité. Les entreprises de qualité à la valorisation raisonnable offrant un rendement de dividende attrayant pourraient offrir un plancher de cours plus objectif que les entreprises de croissance.
Nous pourrions nous attendre à ce que la volatilité reste plus élevée, et les valorisations justifiables moins élevées, qu’au cours de la dernière décennie – non seulement durant une récession, mais même en période d’expansion ou de relance économique. Dans l’ensemble, les marchés internationaux ne semblent pas encore particulièrement « bon marché ». Tenir la volatilité à l’œil et investir dans des entreprises moins volatiles peut aider à constituer un portefeuille défensif.
N’oubliez pas de diversifier
De nombreux indices pondérés selon la capitalisation boursière ne sont diversifiés qu’en apparence et présentent un risque de concentration élevé du fait de la forte pondération d’une poignée de méga-capitalisations ou de grandes capitalisations. Même si une approche multifactorielle réduit forcément le nombre d’actions (à 25 % de l’univers dans notre cas), il est possible qu’elle offre une diversification effective plus élevée. On peut le constater au travers du nombre effectif d’actions d’un indice (qui ajuste les pondérations de l’indice à un indice hypothétique à pondérations égales).
Nombre d’actions réel vs. effectif

Source : Bloomberg et Franklin Templeton au 8 septembre 2022. Le nombre effectif d’actions est une mesure du risque de concentration et représente le nombre d’actions qu’un indice comporterait hypothétiquement si toutes les actions avaient la même pondération. Un indice à pondérations égales de 200
actions possède un nombre d’actions effectif de 200. Ce nombre est calculé de la façon suivante : 1/∑w²꜀ , où wc est la pondération de l’action c dans l’indice et n le nombre total (réel) d’actions de l’indice.
L’indice Smart Beta se réfère à la méthodologie de Franklin Templeton : LibertyQ Global Equity SRI Index-NR, Linked Franklin US Equity Index-NR, LibertyQ Europe Index-NR, LibertyQ Emerging Markets Index-NR, LibertyQ AC Asia Ex Japan Equity Index-NR.
