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Le dimanche 12 avril, environ 5,9 millions de Hongrois ont voté dans 106 circonscriptions. Le taux de participation a dépassé 77 %.1 Nous revenons sur les résultats et examinons leurs implications pour les investisseurs.

Pourquoi cette élection est-elle importante ?

Même si la Hongrie est une petite économie de 10 millions d’habitants au cœur de l’Europe, cette élection revêt néanmoins d’une importance majeure. Son impact se fait largement sentir en Russie, aux États‑Unis et dans toutes les capitales européennes.

Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un revers majeur pour Moscou, qui avait investi massivement dans des campagnes d’influence afin de maintenir Viktor Orbán au pouvoir. La Hongrie constituait un levier important pour le président russe Vladimir Poutine, en tant qu’État membre de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN dirigé par un chef pro‑Moscou, pro‑Russie et pro‑Poutine, opposé à de nouvelles sanctions contre la Russie, hostile à l’Ukraine et qui semble avoir été une source de renseignements sur les politiques de l’UE. En résumé, Orbán était un instrument permettant de déstabiliser l’UE de l’intérieur. Moscou tentera probablement d’exploiter la dépendance énergétique de la Hongrie au pétrole et au gaz russes pour influencer le nouveau gouvernement, mais sans garantie de succès.

Les États‑Unis (ou du moins l’administration Trump) ont également déployé beaucoup d’efforts pour soutenir Viktor Orbán. Cela s’explique notamment par le fait qu’Orbán constituait un exemple emblématique, aux yeux des Républicains « MAGA », de leurs aspirations pour l’Europe et leur propre pays. Le vice‑président américain JD Vance a fait campagne en sa faveur, même s’il n’apparaît pas clairement que cette démarche servait les intérêts des États‑Unis.

Historiquement, les élections hongroises n’ont pas façonné la perception de l’UE, quel qu’en soit le résultat. Mais cette fois‑ci, la conclusion s’impose : ce petit membre souvent récalcitrant du club européen a finalement choisi de se réengager pleinement dans le projet, rendant l’Europe plus unie, plus forte et plus décisive sur la scène mondiale. Dans le même temps, cela pourrait marquer le point culminant des partis populistes de droite dans la politique européenne, même s’il est encore trop tôt pour l’affirmer.

Quelles étaient les priorités des électeurs ?

La stagnation économique a constitué la principale préoccupation des électeurs en 2026, en parallèle de la baisse du niveau de vie, de la corruption flagrante, du népotisme et de la concentration croissante des pouvoirs. Sous les mandats d’Orbán, la Hongrie a reculé dans les classements, passant derrière la Pologne, la Tchéquie et la Roumanie en matière d’accessibilité financière et de niveau de vie.2

Les sondages préélectoraux3 montraient que les répondants souhaitaient majoritairement rester dans l’UE (77 %), et citaient comme enjeux prioritaires l’économie, l’inflation et le coût de la vie (40 %), ainsi qu’un alignement plus étroit avec l’UE (46 %).

Pour les investisseurs, les principales préoccupations portaient sur la faiblesse de la croissance économique, la faible productivité et la vulnérabilité de la Hongrie à d’éventuels changements de politique ayant détérioré ses relations avec l’UE, ce qui a entraîné une volatilité accrue de la devise.

Quels ont été les résultats ?

Le parti Tisza de Péter Magyar a remporté les élections, obtenant une « super majorité » (69 %), tandis que le Fidesz de Viktor Orbán a perdu 58 % de ses sièges. Le forint hongrois s’est apprécié de plus de 2 %, les marchés anticipant une amélioration des performances économiques du pays à mesure que l’alignement avec l’UE se renforce et que les fonds sont débloqués. La participation électorale a dépassé 78 %, un record depuis la chute du communisme.

Fait notable, toutes les tranches d’âge et toutes les régions ont montré un recul généralisé du soutien personnel à Orbán et à son parti Fidesz, même si les jeunes et ceux qui n’avaient pas voté précédemment semblent avoir joué un rôle déterminant dans le basculement du résultat. En revanche, les deux régions bénéficiant du plus fort investissement des multinationales sont restées fidèles au Fidesz.

À quoi ressemblera le nouveau gouvernement ?

Le prochain gouvernement sera une administration Tisza. L’écrasante majorité des deux tiers permet une formation rapide du gouvernement et, si le parti de Péter Magyar est bien organisé, la possibilité de revenir sur les changements constitutionnels mis en place par Orbán au cours des 16 dernières années, notamment l’influence sur le pouvoir judiciaire, les forces de l’ordre, les institutions éducatives et culturelles, la presse, ainsi qu’un système de captation de l’État comparable par son ampleur à celui observé sous la présidence Zuma en Afrique du Sud.

Cette « super majorité » permet également à Magyar de mettre en œuvre l’ensemble de ses promesses de campagne, y compris des réformes institutionnelles systémiques visant à débloquer l’intégralité des financements européens disponibles.

Quel est le contexte économique ?

La Hongrie est une économie de niveau intermédiaire inférieur au sein de l’UE, occupant une position stratégique dans les chaînes d’approvisionnement européennes, grâce notamment aux investissements industriels allemands.

Depuis son adhésion à l’UE, le pays a reçu l’équivalent de 2 % de son produit intérieur brut4 en flux nets de fonds de développement en provenance de Bruxelles, soit l’un des montants les plus élevés par habitant dans l’UE.5 Cette manne a permis de reconstruire les infrastructures et de soutenir une période significative d’investissements directs étrangers (IDE) dans l’industrie manufacturière, en particulier dans le secteur automobile et la chaîne de valeur des véhicules électriques en provenance d’Allemagne et de Corée du Sud. Lorsque cet essor économique s’est essoufflé, Orbán s’est tourné vers Pékin et a obtenu un certain succès avec des IDE de groupes chinois spécialisés dans les batteries pour véhicules électriques.

Cependant, la croissance économique a stagné ces dernières années ; la productivité de la Hongrie est inférieure à celle de ses pairs, le pays n’a pas investi dans la construction d’une économie de la connaissance et la succession de scandales de corruption a érodé la confiance des consommateurs.

Quelles sont les implications pour les marchés ?

Les propositions politiques présentées pendant la campagne de Magyar étaient axées sur l’amélioration des relations avec l’UE, le renforcement du rôle de la Hongrie en tant qu’allié solide au sein de l’Europe et de l’OTAN, ainsi que l’adhésion au Parquet européen, l’organe chargé d’enquêter sur les crimes financiers transnationaux et complexes. Il a également appelé à la démission ou au remplacement de tous les responsables politiques nommés par le Fidesz et s’est engagé en faveur d’une orientation économique orthodoxe. Autant d’initiatives appréciées par les marchés financiers. Les investisseurs surveilleront également de près le probable déblocage des fonds européens gelés.

À cet égard, l’UE a publié une liste de 27 conditions exigeant une action rapide, d’autant plus que Magyar dispose d’une « super majorité ». Celles‑ci incluent des mesures anticorruption et l’abrogation des politiques d’Orbán contraires aux règles de l’UE. Près de 35 milliards d’euros de fonds sont actuellement gelés en raison de divers contentieux et violations des règles par l’ancien gouvernement hongrois. Sur ce montant, 18 milliards d’euros proviennent du budget de l’UE et sont bloqués en raison d’atteintes à l’État de droit, d’une hausse des risques de corruption et de l’affaiblissement de l’indépendance judiciaire. Plus de 17 milliards d’euros de prêts de défense à bas coût ont également été retardés.

Un changement historique est en cours en Hongrie, ouvrant une fenêtre d’opportunité susceptible d’être transformative pour les Hongrois et de renforcer l’Europe dans son ensemble.



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